Les conséquences de la baisse des œstrogènes à la ménopause
Le déséquilibre entre œstrogènes et progestérone durant la ménopause entraîne des conséquences spécifiques selon les zones du corps. Au niveau du cerveau, cela provoque une dysrégulation des neurotransmetteurs, particulièrement la sérotonine et le GABA. Ce déséquilibre hormonal engendre également des gonflements et des douleurs au niveau de la poitrine. Au niveau du thorax, on observe la perte de l’effet vasoprotecteur des œstrogènes pour le système cardiovasculaire.
Pour la peau, la baisse de stimulation du collagène et de l’élastine entraîne un assèchement, des irritations ainsi qu'une perte d'élasticité. Au niveau de la vessie, l’atrophie œstrogéno-dépendante des muqueuses provoque des fuites urinaires et des envies pressantes. Enfin, pour le vagin et le périnée, la chute des hormones entraîne une baisse de la trophicité et de la vascularisation, ainsi qu'une perte de régulation du tonus musculaire. L'ensemble de ces modifications aboutit à un ralentissement métabolique et à un déséquilibre hormonal global.
Une fragilité de l’humeur accrue
Les œstrogènes influencent l’humeur en modulant les neurotransmetteurs, notamment la sérotonine, qui joue un rôle clé dans le bien-être. Ils ralentissent la recapture et la dégradation de la sérotonine, ce qui permet aux signaux nerveux d’agir plus longtemps.
Quand les œstrogènes diminuent à la ménopause, ces messagers chimiques restent moins longtemps disponibles. Le cerveau reçoit donc moins de signaux de « calme » ou de « plaisir », ce qui peut provoquer irritabilité, anxiété ou changements d’humeur.
Les bouffées de chaleur
La chute des œstrogènes perturbe aussi le système de régulation de la température corporelle. Normalement, l’hypothalamus, le centre thermique du cerveau, maintient une zone de neutralité thermique grâce à l’équilibre entre sérotonine et noradrénaline.
À la ménopause, cette balance se rompt : le cerveau interprète de petites variations de température comme des écarts importants et déclenche des réactions fortes, comme sudation, bouffées de chaleur et accélération du rythme cardiaque. C’est pourquoi ces symptômes peuvent survenir même sans variation de température externe.
Une redistribution des graisses
La baisse des œstrogènes modifie profondément la manière dont le corps stocke les graisses. Avant la ménopause, les œstrogènes favorisent surtout le stockage sous-cutané, notamment au niveau des hanches, des cuisses et des fesses. Après la ménopause, la tendance s’oriente davantage vers une accumulation centrale et viscérale.
Graisse autour du ventre (graisse viscérale) :
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S’accumule surtout en cas de stress
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Entoure les organes internes
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Plus difficile à utiliser pour produire de l’énergie
Graisse sous la peau (graisse sous-cutanée)
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Les œstrogènes favorisent ce type de graisse, qui est moins risquée pour la santé
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Sert surtout de réserve d’énergie et joue un rôle protecteur
Ces changements corporels s’accompagnent parfois de douleurs articulaires, de perte de muscle ou d’os plus fragiles. Environ 70 % des femmes ménopausées rencontrent ces symptômes, et pour 25 % d’entre elles, ils peuvent vraiment gêner la vie quotidienne.