Pourquoi les femmes sont-elles particulièrement exposées au risque cardiovasculaire ?

La santé du cœur est un enjeu majeur pour les femmes, qui sont particulièrement concernées par les déséquilibres cardiométaboliques1. Cette vulnérabilité s’explique en partie par des différences anatomiques, physiologiques et hormonales qui influencent le métabolisme, la répartition de la masse grasse ou la réponse inflammatoire de l’organisme. 

Au-delà des facteurs biologiques, les changements dans les modes de vie des femmes ces dernières années ont accentué leur exposition aux risques cardiométaboliques, et ce dès la quarantaine. Sédentarité accrue, stress chronique, tabagisme, déséquilibres alimentaires ou prise de poids : ces facteurs se conjuguent et peuvent se renforcer au moment de la ménopause, période où le profil hormonal évolue et où les œstrogènes diminuent progressivement. 

L’impact du mode de vie sur la santé cardiométabolique des femmes

53%

des femmes ont une activité physique suffisante.2

44%

des femmes de 18 à 74 ans sont en surpoids en France.3 

61%

des femmes déclarent ne pas consommer suffisamment de fruits et légumes4.

61%

des femmes se déclarent stressées (contre 48 % des hommes)5.

Les déséquilibres cardiovasculaires résultent de l’interaction de multiples facteurs de risque génétiques, comportementaux, métaboliques, environnementaux, professionnels et socio-économiques. Ces facteurs peuvent s’accumuler au fil du temps, rendant la prévention et la détection précoce particulièrement importantes chez les femmes.   

Une exposition plus importante au stress chronique 

L’augmentation des déséquilibres cardiovasculaires chez les femmes s’explique en grande partie par l’évolution de leurs modes de vie. Les femmes sont aujourd’hui davantage exposées au stress chronique, à la charge mentale et au manque de sommeil, des facteurs reconnus pour impacter la pression artérielle, les déséquilibres métaboliques ou encore l’inflammation chronique.    Le stress prolongé est associé à une activation chronique de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, provoquant une élévation du cortisol et une perturbation du métabolisme lipidique et glucidique. Plusieurs études ont montré que les femmes présentant un stress chronique ont un risque cardiovasculaire augmenté, avec des phénomènes inflammatoires et endothéliaux plus marqués que chez les hommes.6   

Tabac et alcool : des risques spécifiques chez les femmes 

  Le tabac constitue l’un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire. En France, près d’un quart des 12 millions de fumeurs sont des femmes, exposées aux mêmes risques que les hommes mais aussi à des risques spécifiques souvent méconnus. Le tabagisme combiné7 à la contraception hormonale ou à la ménopause majore le risque cardiovasculaire.  Il est particulièrement toxique pour les artères féminines. 3 à 4 cigarettes par jour multiplient par 3 le risque cardio-vasculaire chez la femme. 8  L’alcool, consommé de manière excessive, a un effet similaire en augmentant la pression artérielle et les triglycérides. Les recommandations de l’OMS indiquent que la consommation doit rester modérée, idéalement moins d’un verre par jour pour les femmes, afin de limiter le risque cardiovasculaire. 

Le manque de sommeil : un facteur déterminant 

Le manque de sommeil, fréquent chez les femmes actives ou exposées à un stress chronique, induit une activation sympathico-surrénalienne, une résistance à l’insuline, une augmentation de la pression artérielle et des marqueurs pro-inflammatoires. Les études montrent que les femmes dormant moins de 6 heures par nuit présentent un risque cardiovasculaire accru de 1,5 à 2 fois comparé à celles bénéficiant d’un sommeil suffisant​9​.   Chez les femmes, ces effets peuvent être amplifiés pendant la ménopause, période où le sommeil est souvent perturbé par les bouffées de chaleur et les variations hormonales. 

Un niveau d’activité physique en-dessous des recommandations et une sédentarité accrue

Un niveau d’activité physique en-dessous des recommandations et une sédentarité accrue

Les femmes ne sont que 53% à atteindre les recommandations de l'OMS en matière d'activité physique, contre 70% des hommes.10 Ces recommandations internationales préconisent au moins 150 minutes d’activité modérée ou 75 minutes d’activité intense par semaine. 
 
Pourtant, les données scientifiques démontrent qu’une activité physique modérée et régulière engendre de nombreux bénéfices sur la santé11-12. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, elle réduit en effet «

la mortalité toutes causes confondues, la mortalité liée aux maladies cardio-vasculaires, l’hypertension, certains cancers, le diabète de type 2, améliore la santé mentale, la santé cognitive ou encore le sommeil

». 
 
Par ailleurs, un peu plus d’un tiers des adultes passent plus de 8 h/j dans un comportement sédentaire13. Les personnes qui cumulent sédentarité et inactivité physique sont davantage exposées aux déséquilibres cardiovasculaires. 

L'alimentation

L’alimentation joue un rôle central dans la prévention cardiovasculaire chez les femmes.   L’évolution du mode de vie moderne, avec un rythme rapide, le travail, la charge mentale et la sédentarité, a favorisé le recours aux repas rapides ou industriels. Ces aliments transformés contiennent souvent des graisses saturées et trans, beaucoup de sel et de sucres ajoutés.    Cette consommation excessive de sucres simples et de boissons sucrées entraîne des pics de glycémie et favorise l’adiposité abdominale, un marqueur important de la santé cardiométabolique. De même, l’excès de sel présent dans de nombreux plats préparés peut contribuer à une élévation de la tension artérielle, même chez les femmes jeunes.    À l’inverse, une alimentation riche en fruits, légumes, fibres, protéines maigres et oméga 3 aide à réguler le poids, le métabolisme du sucre et des lipides, tout en protégeant les vaisseaux et en soutenant la vitalité générale. Il ne s’agit pas de suivre un régime strict, mais de faire des choix alimentaires conscients et réguliers, en privilégiant des aliments peu transformés et riches en nutriments, pour prendre soin de son cœur et de sa santé globale au quotidien. 

Des facteurs biologiques spécifiques aux femmes

Les femmes sont naturellement plus protégées que les hommes face au risque cardiovasculaire, grâce aux œstrogènes. Ces hormones ont un effet protecteur sur les vaisseaux sanguins, en améliorant la souplesse artérielle, en diminuant l’inflammation et en influençant positivement le métabolisme lipidique. Il y a néanmoins trois périodes clés dans la vie des femmes où le risque cardiovasculaire est majoré :   

La ménopause : un tournant cardiométabolique majeur

La ménopause survient généralement entre 45 et 55 ans. Elle correspond à l’absence totale de règles pendant 12 mois consécutifs.
La chute des œstrogènes entraîne un véritable déséquilibre métabolique.
Lorsque les œstrogènes diminuent, le métabolisme fonctionne moins efficacement : le corps stocke plus facilement les graisses, la sensibilité à l’insuline diminue. Cette perte de régulation hormonale s’accompagne également d’une baisse de la dépense énergétique, liée à la diminution de la masse musculaire et à une moindre activation métabolique. Ce ralentissement global peut ainsi favoriser la prise de poids, augmenter les envies de sucre et accentuer la fatigue. 

Des indicateurs de santé à suivre régulièrement

De nombreux indicateurs cardiovasculaires14 peuvent rester longtemps sans signes distrinctifs. Les surveiller régulièrement permet d’agir au bon moment : 

La ménopause : un tournant cardiométabolique majeur

La ménopause survient généralement entre 45 et 55 ans. Elle correspond à l’absence totale de règles pendant 12 mois consécutifs. La chute des œstrogènes entraîne un véritable déséquilibre métabolique. Lorsque les œstrogènes diminuent, le métabolisme fonctionne moins efficacement : le corps stocke plus facilement les graisses, la sensibilité à l’insuline diminue. Cette perte de régulation hormonale s’accompagne également d’une baisse de la dépense énergétique, liée à la diminution de la masse musculaire et à une moindre activation métabolique. Ce ralentissement global peut ainsi favoriser la prise de poids, augmenter les envies de sucre et accentuer la fatigue.